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Languedoc : les bons vins se méritent

405.jpgCette année, j’ai décidé, en-dehors de mes Classements habituels qui distinguent la qualité des vins, de récompenser -aussi- le vigneron (ou ses enfants), sa fidélité, sa passion, son enthousiasme, sa joie de vivre, sa simplicité, au travers de ce “Top Vins” exceptionnel. Tous les propriétaires du Guide n’y sont pas, bien sûr, et chaque année, ce Palmarès évoluera, d’autres entreront, quelques-uns sortiront, certains changeront de “Prix”, ou de hiérarchie... mais les places sont rares. 

LE TOP VIGNERONS 2010 du LANGUEDOC-ROUSSILLON

Prix d’Honneur
Famille Antech
Famille Augustin (Fabas)
Famille Gualco (Étang des Colombes)
Aimé Guibert (Daumas-Gassac)
Famille Laboucarié (Fontsainte)
Pierre Martinolle
Laurence Rigal (Grand-Caumont)
Famille de Thélin (Blomac)

Prix d’Excellence
Marie-Geneviève Boudal (Peyregrandes)
Jean-Noël Bousquet (Grand Moulin)
Famille Chamayrac (Mire-L’Étang)
Famille Chichet
Pierre Escudié (Nidolères)
Famille Gaujal (Pinet)
Raymond Miquel (Barroubio)
Marc Remaury (Pech André)

Satisfecits
Jérôme Bertrand-Bergé
Famille Birot (Saint-Martin-des-Champs)
Famille Bonfils (Vaugelas)
Famille Guy (Malautié)
Hervé Levano (Casa Blanca)
Famille Mégé (Reynardière)
Famille Palu (Mas du Novi)
José Pujol (Mas Rous)
Famille Quincarlet (Familongue)

Lauréats
Famille Bourgne (Madura)
Véronique Cuculière (Mingraut)
Famille Hebraud (Villemagne)
Gilles Nouaille (Riousses)
Famille Pacaud-Chaptal (Croix Chaptal)
Famille Pagès (Clotte-Fontane)
Famille Serris (Pique Perloup)
Famille Vogel-Hürlimann (Bourdic)

Espoirs
Roger Bertrand (Longueroche)
Famille Rambier (Haut-Lirou)

Ici, on va se contenter des producteurs qui élèvent des vins racés et typés, dans l’ensemble du territoire, des Corbières à Saint-Chinian, de Faugères en Minervois, en passant par les Coteaux-du-Languedoc, Fitou ou vins de pays, à des prix remarquables. Des grands vins ici, il y en a, mais les terroirs sont connus et ne s’étendent pas. La force de ces vins est d’avoir su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un beau rapport qualité-prix.

 

Trois cas de figure définissent la région :

v Il y a les vignerons qui, et depuis longtemps, ont toujours su maîtriser les rendements, vinifier et élever leurs vins, en respectant leur spécificité, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue. Daumas-Gassac en est le fer de lance, suivi par des Corbières (la famille Gualco, Grand-Caumont, Vaugelas, Fontsainte…), puis des Minervois (Fabas, Barroubio…), et aussi d’autres appellations (Nidolères, Mas Chichet, Mire-L’Étang, Antech…). C’est le noyau dur des grands vins du Languedoc, même si certains ont tendance à l’oublier. La plupart sont à la tête de leurs appellations respectives, et le fait de s’y maintenir mérite un coup de chapeau.

v Il y a ensuite les propriétaires, dans toutes les appellations, qui ont évolué plus récemment vers une recherche qualitative semblable, notamment ces dernières années. Ils ont cru en leur région et je les ai soutenus dès le début. On retrouve ici les grandes valeurs sûres (Aigues-Vives, Malautié, Saint-Martin-des-Champs, Peyregrandes...) et quelques caves. On les retrouve tout naturellement dans le haut du Classement.
v Il y a enfin ceux qui ne sont pas installés depuis longtemps dans la région ou des propriétés qui ont été reprises par des vignerons d’autres régions ou les enfants. On les défend avec plaisir car ils s’attachent également à produire des vins typés et de qualité, à des prix très abordables (6 à 12 €). Attention à ceux qui pourraient se laisser piéger à développer des vins de vinification plutôt que de terroir.

Et puis, il y a donc quelques producteurs, marchands et grands groupes qui nous (et vous) font croire que leurs vins ressemblent à quelque chose. Ces vins de mascarade (en Coteaux-du-Languedoc et en vins de cépages notamment), où l’on parle de “vins à haute expression” (expression de la méthode de vinification et du bois neuf surtout…), qui “sentent le goudron ou le café” (cela donne envie, non ?), la réglisse (on n’est pas loin de l’écœurement)… Idem pour les cuvées de vins blancs totalement fabriquées dans les chais où l’on est fier de vous faire sentir “la mangue et autres fruits exotiques”. Il s’agit donc de ne pas confondre l’ensemble d’une progression qualitative certaine et le développement de ces vins “fabriqués” et “putassiers” qui attirent les investisseurs comme des mouches, et sont, hélas, soutenus par des “critiques”, notamment américains (ce sont les mêmes qui soutiennent les “vins de garage” bordelais). Ce problème s’étend aux vins de cépages, où je ne vois toujours pas l’intérêt de planter des cépages qui se plaisent mieux dans des régions beaucoup plus froides (les bonnes exceptions existent), ni à se lancer dans des vinifications sophistiquées pour pouvoir remplir un dossier de presse… et mentionner des prix inexcusables sous prétexte que l’on peut mettre sur une étiquette les noms de Chardonnay ou de Merlot, ou que l’on croit qu’il suffit d’acheter des barriques neuves et se payer les services d’un œnologue “tendance” pour faire un grand vin.

Le Classement vient donc récompenser ceux qui le méritent.

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