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  • Les vins de Grèce

    carte.gifLE PÉLOPONNÈSE

    Relié à l’Attique par l’isthme de Corinthe que coupe depuis la fin du XIXe le canal du même nom, le Péloponnèse occupe une place prédondérante dans l’économie vinicole grecque avec ses 60 000 hectares de vignes, les cépages à vins cotoyant les cépages à raisins secs, que vous connaissez tous : Soultanina (Sultanie) au nord et surtout Corinthiaki (Corinthe ) au nord-ouest et au sud-ouest. Péninsule montagneuse dont le point le plus haut (massif de Taygete) culmine à 2407 mètres, le Péloponnèse présente des bassins intérieurs d’effondrement (Arcadie) et des plaines littorales (Corinthie, Achaie, Argolide…). Les sols sont très accidentés et les reliefs très accusés, depuis le niveau de la mer jusqu’aux montagnes qui  le traversent du nord-ouest au sud-est, en les séparant en deux zones climatiques distinctes : la partie ouest étant pluvieuse et la partie est beaucoup plus sèche.

    En dehors des vins destinés à la distillerie, les appellations d’origine se répartissent en d’excellents vins de liqueur (Mavrodaphne de Patras, Muscat de Patras et Muscat Rion de Patras), et en vins blancs et rouges (Néméa, Mantinia et  Patras).

    Néméa
    Réputée pour avoir été le théâtre du premier travail d’Hercule, qui étouffa le féroce Lion de Nemée et endossa sa dépouille, Nemée, au sud de Corinthe, l’est également pour ses vins rouges secs et corsés, d’une couleur rouge profonde, épicés et puissants, que je préfère un peu rafraîchis.

    Ce “sang d’Hercule”  mérite bien son nom, très marqué par son cépage Agiorgitiko (le cépage de Saint-Georges), planté sur un vignoble qui s’étend de 250 à 800 mètres d’altitude dans une vallée et sur des coteaux paisibles limités à l’ouest par le mont Kilini.

    Mantinia
    A une altitude comprise entre 600 et 800 mètres, le vignoble de Mantinia entoure les ruines de l’ancienne Mantinée. Issu du cépage Moschofilero, le Mantinia est un vin blanc sec, fruité, assez bien équilibré, mais assez neutre en bouche, et constitue surtout un  vin de base pour vins mousseux.

    Patras
    Si l’appellation Patras correspond à des vins blancs légers et frais (maison Tsantalis), produits sur les vignobles de coteaux, et obtenus à partir d’un cépage très légèrement rosé nommé Rhoditis, c’est surtout vers les vins de liqueur que je vous incite à jeter votre dévolu.

    Le meilleur à mon sens est incontestablement le Mavrodaphne de Patras, issu du Mavrodaphne, vieux cépage rouge qui lui confère un bouquet très original. Le vin est liquoreux, très doux, velouté et corsé à la dois, très parfumé, qui demande à vieillir en barriques pour atteindre sa plénitude.

    A ses côtés, élaborés à partir du Muscat blanc, le Muscat de Patras et le Muscat Rion de Patras présentent une belle couleur topaze, à l’arôme très caractéristisque de leur cépage commun.

    LES ÎLES IONIENNES

    Etirées en chapelet le long de la côte occidentale de la Grèce, dans la mer du même nom, les îles Ioniennes comportent sept îles principales (Corfou, Paxi, Leucade, Céphalonie, Ithaque, Zante et, à la pointe du Péloponnèse, Cythère). Ici, le climat est  d’une douceur exceptionnelle (allez à Corfou en Mai et en Septembre), et la vigne est surtout présente à Corfou (Kerkyra),    Zante, (Zakynthos), Leucade (Lefras) et Céphalonie (Kefalonia). Le vin le plus renommé est le Verdea, qui fait la fierté du vignoble de Zante,très intense au nez comme en bouche, avec son goût de rancio caractéristique, qu’il ne faut pas confondre avec un goût oxydé.

    Intense, très coloré, envisagez de faire une sieste après avoir dégusté le Santa-Mavra (mavra veut dire noire), un rouge très puissant provenant du vignoble de Leucade, planté du cépage Vertzami, cultivé en terrasses dont les murettes grimpent jusqu’à une altitude de 800 m. Un bon exemple de la structure et de la typicité des rouges secs grecs, très fruités et corsés, légèrement épicés, à savourer sur une cuisine riche.

    L’île de Céphalonie, c’est le royaume des Muscat de céphalonie et Mavrodaphne de Céphalonie, deux vins de liqueur à appellation d’origine, issus des mêmes cépages (Muscat blanc et Mavrodaphne).

    L’autre spécialité des îles est le Robola de Céphalonie, un vin issu du Robola (ou Rombola), un blanc fin, fruité, de bonne bouche.

    LA GRÈCE CENTRALE ET L’ÎLE D’EUBÉE

    La Grèce centrale étend un vignoble de près de 30 000 hectares, et peut être divisée en trois secteurs distincts : l’Attique, la région d’Athènes, cœur de la Grèce, présentant des paysages de petits massifs et de plaines agricoles, et l’île d’Eubée.

    Folklore oblige, je vous conseille d’être à Athènes au moment des vendanges: la capitale hellénique est en effet traversée par des camions chargés de barils remplis de moûts en provenance des vignobles d’Attique, de Béotie et de l’île d’Eubée, destinés aux tavernes des vieux quartiers d’Athènes et du Pirée, qui ont coutume d’élaborer leur propre Retsina vendu au pichet, le vin le plus estimé des Grecs, auquel j’ai mis du temps à m’habituer, je l’avoue, mais qui peut devenir surprenant sur une simple friture ou des plats beaucoup plus épicés.

    Avec l’Ouzo que l’on déguste avec un peu d’eau, la curiosité grecque, c’est le Retsina, ce vin unique et très populaire, au goût caractéristique de “résine”, que les Grecs consomment en quantité non négligeable dans les tavernes, sous une tonnelle (il vaut mieux être à l’ombre en effet pour s’y familiariser). Surtout blanc, issu des cépages Savatiano et Rhoditis, le vin est élaboré exactement comme les vins secs. C’est l’addition de morceaux de résine de pin aux moûts avant ou pendant la fermentation (pour éviter auparavant la tendance naturelle à l’oxydation), retirés ensuite avec la lie lors du soutirage, qui confère au vin toute son originalité, et cette amertume unique.

    L’Attique présente aussi une gamme importante de vins blancs issus du cépage Savatiano, assez agréables, que la maison Cambas élève généralement très bien, comme son Domaine de Kantza.

    LA THESSALIE

    Riche bassin agricole drainé par le fleuve Pinios et entouré de hauts sommets dont le mont Olympe (2 917 m) au nord, la Thessalie bénéficie d’un climat humide et froid en hiver, brûlant en été. Son vignoble (8 500 hectares et 300 000 hectolitres) est divisé en quatre zones: les zones à appellation d’origine Nea Anchialos et Rapsani; la zone de Karditsa, où l’on produit un rouge et un blanc à base de cépages indigènes (le Noir de Messenikola et Batiki, cépage blanc), et la zone de Tyrnavos pour les raisins de table (Muscat de Hambourg). La plupart des vins sont issus des coopératives.

    Nea Anchialos
    Située non loin de Volos, antique Iolkos (d’où partirent Jason et les Argonautes à la conquête de la Toison d’or), la zone de Nea Anchialos s’étend sur quelque 600 hectares. Issus des cépages Savatiano et Rhoditis, les vins sont blancs, relativement vigoureux, et il faut les boire très frais, dans leur prime jeunesse, pour profiter de leur saveur fruitée.

    Rapsani
    Un bon vin rouge classique, provenant des cépages Xinomavro, Krassoto et Stavroto, qui se complètent harmonieusement pour donner ce vin vif et coulant, assez parfumé.

    LA MACÉDOINE ET LA THRACE

    Région fertile au climat continental, la Macédoine s’oppose au reste de la Grèce par une pluviométrie élevée et une végétation beaucoup plus intense. Les zones montagneuses côtoient en effet la plaine alluviale de l’Axios.

    Côtes de Meliton
    Sur les coteaux nord  de la montagne qui domine Porto Carras, station balnéaire de la presqu’île de Sithonia, un charmant petit village marin, a été implanté un énorme vignoble. Les vins blancs frais et fruités produits sur ce domaine Carras, issus des cépages indigènes Athiri, Assyrtico et Rhoditis, et les vins rouges charnus et capiteux issus d’un heureux mariage entre le  cépage grec Limnio et les cépages Cabernet-Sauvignon et Cabernet Franc, bénéficiant de l’appellation d’origine Côtes de Meliton.

    Naoussa, Goumenissa, Amynteon et Agioritikos
    Le vignoble de Naoussa est situé sur les pentes sud-est du massif du Vermio, sur des coteaux ensoleillés et abrités des vents froids, où mûrit le Xinomavro, certainement le plus noble cépage rouge grec. Il produit en tout cas l’excellent Naoussa, un beau rouge puissant, riche en couleur comme en arômes, et qui demande à vieillir pour s’arrondir (buvez-le toujours un peu frais). Ce même cépage se marie avec le Negosca dans les vignobles de Goumenissa, au nord de Salonique, et dans ceux d’Amynteon, un peu plus à l’ouest.

    Près du mont Athos, la maison Tsantalis élève des vins puissants (Agioritikos), issus des cépages Assyrtiko, Athiri et Roditis, provenant du vignoble du monastère de Saint-Panteleimon. Des vins qui demandent à être appréciés comme ils le méritent.

    L’ÉPIRE

    De la Thessalie à la mer Ionienne, à l’ouest de la Grèce, les montagnes de l’Épire, dominées par la chaine du Pinde (2 637 mètres), creusées de vallées et de plateaux, présentent un climat rude où sont plantés quelque 1 000 hectares. Deux appellations à retenir.

    Zitsa
    Elle est produite sur les vignobles de six communes situées à une altitude de 600 mètres, sur de petites collines au sol aride, au nord-ouest de Ioanina. Issu du cépage Debina, on y goûte un bon vin blanc très frais, sec ou demi-sec, en tout cas bouqueté, associant vivacité et rondeur en bouche, généralement très agréable.

    Metsovo
    Le plus montagneux des vignobles grecs, situé sur les pentes sud-est du massif du Pinde, est planté de cabernet-Sauvignon, que l’on a du mal à “rapprocher” du cépage bordelais, tant il en diffère. Est-ce le clone ou le terroir, ce vin rouge est corsé, très parfumé, et ma foi assez réussi.

    LES CYCLADES

    Ainsi nommées par les Anciens parce qu’elles formaient une sorte d’auréole (“Kyklos”) autour de l’île sacrée de Délos, les Cyclades sont au nombre de 39 (dont 24 habitées), et bénéficient d’un climat tempéré avec un soleil généreux, très favorable à la vigne.

    Paros
    Connue depuis l’Antiquité pour la qualité de son marbre blanc, l’île de Paros est aussi une bonne occasion de goûter un bon vin blanc, assec sec, au nez complexe, de bonne bouche, généralement bien fait, issu du cépage Monemvassia. Le puissant vent du nord de la mer Egée, le Meltem, y conditionne la culture en vigne basse (en gobelet).

    Santorin
    L’île est splendide, magique. L’ancienne Kallisté (“la très belle”) devenue Théra en l’honneur d’un chef des Spartiates, puis Santorini, du nom de Sainte Irène, patronne de l’île Cycladique, est sûrement en effet l’une des plus envoûtantes îles de toute la Méditerranée. Pas vraiment belle d’ailleurs, puisque l’île est assez austère, mais plutôt spectaculaire. La capitale, Thira, surmonte une formidable falaise haute de 300 m qui plonge à pic dans la mer. Pour y monter, vous avez le choix : le petit funiculaire ou vos jambes; pour redescendre et regagner votre bateau, préférez l’âne.

    La vigne jaillit de ce sol avare dans des conditions microclimatiques uniques. Parvenus à maturation, les raisins sont soumis à une grande chaleur diurne, alors que la nuit, une humidité dense recouvre les vignobles, absorbée par le sol. Les  vents empêchent l’accumulation d’une trop grande humidité sur les baies, ce qui favorise une maturation complète des raisins et des vins blancs d’une grande richesse en alcool. La vitesse du vent étant très élevée, on donne fréquemment aux ceps la forme d’un panier constitué de sarments et de feuilles, afin de protéger les raisins. Il faut goûter comme je l’ai fait, à l’ombre, dans les jolis bistrots aux murs blanchis, en admirant les îles voisines et les gros paquebots de croisières qui viennent déverser leurs flots de touristes, ce vin blanc d’appellation Santorin, très corsé, avec ce rien d’amertume en bouche, en réalité assez typique des bons vins grecs.

    LE DODÉCANÈSE

    Rhodes est une île où le touriste se sent particulièrement à l’aise. Depuis l’Antiquité, “l’île des Roses” a produit et exporté des vins en amphores sur lesquelles les potiers apposaient leur nom ainsi qu’une grappe de raisin en guise de marque d’origine. Deux appellations : Rhodes et Muscat de Rhodes, ce dernier étant l’un des plus beaux vins de liqueur qui soient, intense, riche, doux et doré, issu d’un assemblage de cépages muscats (Muscat blanc et Muscat de Trani) cultivés dans une toute petite région délimitée, au sud de l’île. Deux zones de production : l’une, plane, constituée de sols sablonneux, est exposée aux vents chauds venant du sud; l’autre, sur le flanc nord des montagnes, sur des collines calcaires ou schisteuses, est rafraîchie par le vent du nord, le fameux Meltem. Je préfère les blancs, assez secs, frais et bouquetés (cépage Athiri). Les rouges sont ronds et fruités (cépage Amorgiano).

    SAMOS ET LES ÎLES DE LA MER ÉGÉE

    Séparée de la côte de l’Asie mineure par un détroit de 1,5 km, Samos, c’est cette île montagneuse et verdoyante qui doit son nom au mot phénicien Sama signifiant “altitude”, et d’où provient surtout l’illustre Muscat de Samos, issu du cépage Samien que le grammairien Hésychios répertoriait déjà au Ve siècle. La viticulture a marqué l’économie de Samos tout au long de son histoire et le vin de Samos a toujours fait l’objet d’un commerce important. En l’an 1700, la production de muscat était estimée à quelque 3 000 barils, destinés aux marchés d’Orient et d’Occident, notamment la France, l’Angleterre, la Hollande, l’Allemagne… Sous licence française à partir de 1890, les vins de Samos acquirent une renommée internationale.

    Le Samos et le Nectar de Samos font partie des plus grands vins doux du monde, très riches, parfumés et moelleux, à la fois d’une grande fraîcheur aromatique, qui n’est pas sans rappeler la fleur d’oranger, et d’une intensité en bouche exceptionnelle. Du grand art, issu d’un vignoble principalement situé sur le littoral nord de l’île. Les villages situés sur le versant nord du mont Arbelos jusqu’à la côte nord de l’île (Ambelos, Manolatès, Stravrinidès…) sont considérés comme les meilleurs terroirs. Le vignoble mérite d’ailleurs une visite: ici, sur des coteaux étagés depuis le niveau de la mer    jusqu’à 800 mètres d’altitude, murets et  terrasses superposés, ne supportant souvent qu’une ou deux rangées de vignes, sont entretenus depuis des générations par les viticulteurs. Les vendanges, qui commencent durant la deuxième quinzaine d’août au niveau de la mer, se poursuivent jusqu’à la fin octobre dans les régions les plus montagneuses. La plupart des bonnes maisons grecques proposent d’excellents Muscats de Samos. La vigne est également cultivée à Lemnos (goûtez le très bon Muscat de Lemnos) et à Lesbos.

    LA CRÈTE

    J’ai passé des séjours exceptionnels ici (essayez le superbe hôtel Elounda Mare), tant pour la beauté des paysages de montagnes que de la mer, omniprésente. Petits ports paisibles, restaurants rafraîchis par des tonnelles de vignes qui protègent de la canicule, vignes, oliviers, citronniers… tout présuppose la douceur de vivre qui se dégage de la Crète. Le pays est certainement à l’origine de ma passion pour les voyages, de cette parenthèse hors du commun que savent procurer de tels lieux, où l’histoire antique s’associe aux légendes, et c’est la raison pour laquelle j’ai retenu une photo de mon périple crétois pour figurer en page de quatrième de couverture de ce guide. La Crète est la cinquième île de la Méditerranée, l’île des Dieux selon Homère, le berceau de la civilisation minoenne. C’est là que, selon le poète, Zeus serait né, aurait aimé la princesse phénicienne Europe, et aurait eu trois fils, dont          Minos, qui devait donner naissance à une dynastie qui allait marquer l’histoire du pays. Pour l’anecdote, goûtez les bons vins blancs de Minos des frères Miliarkis.

    D’une superficie de 8 305 km2, la Crète s’allonge d’ouest en est sur 260 km environ, sa largeur variant de 12 à 60 km. Elle est dominée par des reliefs importants (de 1 360 à 2 450 mètres), entre le sud de l’île qui donne sur l’Afrique et le nord qui s’ouvre vers la mer Egée. C’est dans cette partie de l’île, protégée des vents chauds d’Afrique par cet écran montagneux, que s’est développé ce vignoble dont l’origine se perd dans l’Antiquité. Dès cette époque, les anciennes villes de Cnossos, Gortyne et Phaistos avaient développé un important commerce des vins.

    Le climat est tempéré par le voisinage de la mer et les vents frais qui viennent de l’Egée sur les côtes; froid et neigeux en hiver à l’intérieur des terres; relativement  frais au printemps, et très chaud et sec en été.

    Ce vignoble d’une cinquantaine de milliers d’hectares (y compris les vignes à raisins de table) produit aussi des raisins secs (Soultanina) et le fameux raisin de table Rasaki. J’apprécie tout particulièrement ces vins rouges puissants, issus de vieux cépages tels que le Roméikon, le Liatiko de Lasithi, qui vont à merveille sur des aubergines ou des plats de légumes farcis, et qu’il est bon de savoir apprécier un peu frais, comme on sait le faire au pays. Les cépages blancs (Vilana, Athiri, Ladiniko…) permettent l’élaboration de vins assez fruités, vigoureux certes mais plus neutres.

    L’île englobe en tout cas quatre vignobles à appellation d’origine : Archanès, Peza, Dafnès et Sitia, et un Vin de Pays de Crète. Dans les régions de La Cannée et de Rethymno, on produit également des vins issus respectivement des cépages Roméikon et Tsardana.

    Archanès et Peza
    Les deux vins à appellation d’Archanès et de Peza sont élaborés dans deux zones délimitées au sud d’Héraklion, dans cette très belle région de vallées et de coteaux. C’est à quelques kilomètres de là que se trouvent les ruines du palais de Knossos, qui aurait été le palais du roi Minos, où était édifié le fameux labyrinthe dans lequel Thésée combattit le Minotaure (souvenez-vous du fil d’Ariane). Les vins rouges de ces deux appellations proviennent des cépages Kotsifali, qui apporte toute sa saveur, et Mandilari, cépage familier des îles de la mer Egée, très coloré. A Peza est également élaboré un vin blanc (cépage Vilana).

    Sitia et Dafnès
    Le vignoble de Sitia est situé à l’extrémité est de la Crète, à une altitude moyenne de 600 mètres. L’excellent cépage Liatiko permet de produire ces vins rouges colorés, robustes et francs dont je parlais auparavant. C’est ce même cépage que l’on cultive dans la zone viticole de Dafnès, région au relief accusé au sud-ouest d’Héraklion. A goûter : le vin de liqueur Dafnès que l’on peut rapprocher du Malvasia, ce nectar des dieux qui, selon la tradition, était conservé dans les jarres géantes du palais de Minos… De quoi rêver, non ?

  • L'incroyable Petrus

    Il y a quelques "dégustateurs" qui feraient mieux de retourner à l'école et de savoir de quoi ils parlent avant de juger quoi que ce soit. J'ai lu notamment le résultat d'un "jury" (le mot lui-même prête à sourire, tant il est pompeux) qui, comme d'autres, classent une multitude de vins à concours devant le mythe Petrus. On sent d'ailleurs une jubilation sous-jacente, la jalousie n'ayant de limites que la bêtise. Trois choses :

    1/. Mélanger les appellations ou les vins de régions et/ou de pays différents est tout aussi risible que peu professionnel.

    2/. Un vin (grand ou modeste) ne se juge pas sur un seul millésime. On ne peut juger d'un cru que si on a pu le déguster des dizaines de fois, dans des millésimes différents. En l'espèce, vu le prix de Petrus, je doute que les "dégustateurs" aient vraiment pu accéder à cela, la philosophie des Moueix n'étant pas de filer des bouteilles à tout le monde. Passons.

    3/. Découlant de cela, l'expérience nécessite de savoir "imaginer" l'évolution d'un vin. Comment voulez-vous estimer ce que sera un 2005 ou un 2002 si vous n'avez jamais gouté auparavant des millésimes similaires du même cru ? C'est du pipeau, voilà tout !

    Il est si simple en effet qu'un vin "bodybuildé", surconcentré, surboisé, se présente mieux qu'un vrai grand vin qui, c'est son essence même, a besoin de plusieurs années pour se dévoiler. Un grand vin, ce n'est jamais bon après 3 ans, une bête à concours, si... faudra quand même que ces "dégustateurs" soit donc plus crédibles.

    Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit. On se doute que les prix extravagants de Petrus en font un produit de luxe, et que l'on n'envisage plus de mentionner à son sujet de rapport qualité-prix. J'en ai déjà parlé.

    Ce qui fait -surtout- de Petrus (avec la Romanée-Conti) l'un des plus grands vins du monde, c'est son terroir et une façon de travailler qui ne fait pas dans l'esbroufe. Vous allez relire plus loin mon interview de Jean-Claude Berrouet sur ce point. On est donc bien loin des vins "sans vice ni vertu" dont nous abreuvent des propriétaires qui ne se contentent que d'appliquer des maquillages œnologiques.

    En ce sens, Petrus est l'archétype des (rares) vrais grands vins racés de Bordeaux, où l'élégance s'allie à la structure, et reste plus que jamais la "locomotive" indispensable à tous les producteurs qui respectent leur terroir, signant des bouteilles authentiques, chacune dévoilant sa personnalité, qu'elles valent 10 ou 50 €. Sans des crus comme Petrus, la porte serait grande ouverte à des vins "fabriqués", "mondialisés, au goût standardisé. Sans un mythe pareil, les pourfendeurs de nos vins racés s'en donneraient -encore plus- à cœur joie !

    Et puis,le plus important dans ce monde du vin qui m'est cher, c'est que l'on ne peut "comprendre" un vin (n'importe lequel) que si l'on connait l'homme qui se cache derrière l'étiquette. Sans homme (ou femme), le vin n'est qu'une boisson...

    PETRUS : LES HOMMES

    Mon ami (de 30 ans) Jean-François Moueix est donc le propriétaire de ce cru mythique. Cultivant l’humour et la discrétion comme d’autres le snobisme et l’esbroufe, il poursuit une politique exemplaire, qualitative certes, mais aussi commerciale, puisque c’est lui, et lui seul, qui vend Petrus (le cas est unique ici), notamment au travers de sa prestigieuse maison Duclot, ou de ses nombreuses autres entreprises (boutiques l’Intendant et Badie à Bordeaux, Châteaux Cash & Carry en région parisienne…) et un bon nombre de grands vins bordelais peuvent rendre aussi hommage à son impartialité et à sa fidélité envers eux, année après année. On ne peut contester que Petrus fait partie de la petite poignée des plus grands vins rouges du monde, et des 3 ou 4 plus grands crus bordelais, à un prix lui aussi hors normes, certes.

    C’est l’archétype des grands crus où le terroir crée cette osmose exceptionnelle avec le cépage et les hommes et on comprend qu’il ne puisse qu’aiguiser la jalousie d’un bon nombre de producteurs médiatiques, libournais, médocains ou étrangers, qui ne peuvent, eux, faute de terroir et d’humilité, que se contenter de faire mariner à outrance leur vin dans des barriques en croyant qu’ils font une cuvée digne de ce nom… La surconcentration n’est pas un gage de grand vin et l’élevage abusif en fûts neufs non plus (Petrus n’en utilise que 50 % en moyenne).

    PETRUS : LE TERROIR

    “Lorsque l’on parle d’un vin, me confie Jean-Claude Berrouet, il faut d’abord présenter le sol, c’est lui qui lui donne son originalité, sa typicité et, à Petrus, l’originalité est particulièrement importante puisque l’on sort des sentiers battus bordelais. Ici, ce qui prime, c’est la rencontre de 2 argiles, une argile ancienne, bleue, arrivée dans la seconde moitié de l’ère tertiaire. Au Quaternaire, il y a eu des recouvrements graveleux, mais, à Petrus, ce sont des argiles noires gonflantes qui donnent la spécificité…

    Petrus (11,5 ha) est situé sur un plateau et plus précisément sur un mamelon argileux qui culmine à 42 m d’altitude, ce qui permet aux eaux de ruissellement de surface de ne pas stagner et d’aller vers le bas. Ainsi, il n’y a jamais d’excès d’eau mais l’une des vertus de l’argile est ce pouvoir de rétention d’eau, elle se comporte comme une belle éponge, et restitue l’eau lentement à la plante en période de sécheresse. Petrus, c’est aussi l’expression d’un cépage, le Merlot, qui s’épanouit pleinement sur ces argiles.

    C’est un vignoble très ancien. J’y suis arrivé en 1964 et j’ai connu une parcelle postphylloxérique qui avait été plantée en 1885. Il y a encore des parcelles plantées en 1957, mais la moyenne d’âge des vignes est de 35 ans. À partir de 1985, nous avons fait un gros effort de sélection massale en collaboration avec l’Inra et la chambre d’Agriculture. Pour les replantations, nous avons réintroduit les vieux pieds de vigne sélectionnés et passés en Tests Elisa pour vérifier leur état sanitaire. Ainsi, nous avons reproduit les vieilles sélections qui avaient été choisies par nos anciens, auxquelles nous avons ajouté de nouveaux clones, de telle sorte qu’on laissera aux successeurs la population ancienne et la population moderne. La culture de la vigne est très traditionnelle à Petrus : on laboure 2 fois par an, on chausse et déchausse. Les rendements varient de 25 à 39 hl/ha mais la moyenne se situe plutôt vers 35 hl/ha. Les vendanges sont manuelles, effectuées en cagettes avec un tri sévère effectué sur 2 tables de tri. La vinification est très traditionnelle avec des fermentations en cuves béton. Nous privilégions des extractions très mesurées, ainsi les cuvaisons ne sont pas très longues car nous souhaitons rester sur le fruit et des tanins soyeux. S’ensuit l’élevage durant 18 à 20 mois en fûts de chêne avec une proportion de bois neuf qui varie selon les millésimes (un peu plus de 50 %). Nous évitons le surboisage, toujours dans un souci permanent de préserver la spécificité du vin. Le vignoble est protégé en lutte raisonnée.

    Nous pratiquons depuis 1991 l’étude de la maturité phénolique en parallèle avec la maturité physiologique. Avec l’indice de maturité et la dégustation des baies, parcelle par parcelle, nous déterminons une date de vendange la plus précise possible, ce qui est un facteur primordial pour obtenir la meilleure qualité d’un vin. La force du terroir se retrouve aussi dans le potentiel d’évolution. Celui de Petrus est très important et tout le monde se souvient encore des fabuleux 1953, 1955, 1959, 1961 ou de l’exceptionnel 1947…

    Nous avons hérité d’un très grand terroir et cela est un privilège de la nature. Il y a une dizaine de parcelles qui ont des caractéristiques pédologiques propres, il existe une résonance du sol à un climat et, selon les millésimes, cela donne des variations (20 à 35 000 bouteilles). Petrus, c’est aussi une équipe, la gestion viticole est confiée à Christian Moueix et Michel Gillet, et celle de l’œnologie et du chai à moi-même et à François Veyssière qui a pris la succession de son père. Nous mettons toute notre expérience, notre connaissance au service de Petrus, un vin pour lequel nous n’avons pas le droit à l’erreur…”

    PETRUS : MA DÉGUSTATION

    Grandissime Pomerol 2005, puissant, très complexe, d’une très grande structure, aux arômes persistants et subtils de petits fruits rouges mûrs à noyau, de truffe, de cuir, très structuré, avec des tanins soyeux mais intenses, tout en distinction, de grande évolution.

    Le 2004 est splendide, dans la grande tradition bordelaise, et l’on ne peut que regretter que ce millésime se situe entre les 2005 et 2003, la mode risquant de le laisser à l’écart (confer la grande dégustation).

    À ses côtés, ce 2003, un vin dense, tout en harmonie, riche au nez, avec ces notes de mûre et d’humus, et des nuances de cuir et de pruneau en bouche, aux tanins fermes mais toujours très savoureux, de grande garde.

    Le  2002 , intense et chaleureux, très charpenté mais très élégant, est de robe intense, aux nuances de vanille et de cassis, un vin racé et corsé, concentré au nez comme en bouche.

    2001 : truffe, fruits macérés, humus… sont les premières sensations de ce très grand vin, le “velours” à l’état pur, où cette structure impressionnante sait se fondre dans une distinction incroyable, qui lui confère un potentiel d’épanouissement réellement exceptionnel, de très grande garde.

    2000 : une structure de cathédrale. Puissance et distinction, chaleur et ampleur, une très grande complexité d’arômes (cuir, griotte confite…), un vin d’une grande harmonie, d’une très belle matière en bouche, majestueux, de très grande garde.

    1999 : la saveur même. Complexe et gras, aux tanins présents, riche et parfumé en bouche, un beau vin charnu, charmeur, qui fleure les épices et les fruits frais, alliant puissance et finesse, dont le velouté est très caractéristique des vins de Pomerol.

    1998 : exceptionnel. D’un très grand classicisme, de couleur intense avec des senteurs de truffe, de champignon, un côté animal, de cuir, vraiment superbe, encore jeune, complexe, de lente évolution.

    1997 : remarquable. De robe pourpre foncé, aux arômes prononcés de musc, de truffe, de fraise des bois, aux tanins soyeux, de bouche généreuse, un vin très savoureux.

    Pas facile de résister.

  • Les meilleurs Champagne sont dans VinoVox

    Classé 1er Grand Vin, Champagne De Sousa



    Champagne de SOUSA et Fils
    Érick et Michelle de Sousa
    12, place Léon-Bourgeois - BP 2
    51190 Avize
    Téléphone :03 26 57 53 29
    Télécopie : 03 26 52 30 64
    Email : contact@champagnedesousa.com
    Site : www.vinsdusiecle.com/champagnedesousa
    Ou : www.champagnedesousa.com

    Érick de Sousa symbolise l’explosion qualitative des ...


    Taittinger au sommet


    TAITTINGER
    Pierre-Emmanuel Taittinger
    9, place Saint-Nicaise - BP 2741
    51100 Reims
    Téléphone :03 26 85 45 35
    Télécopie : 03 26 50 14 30
    Email : export@taittinger.fr
    Ou : www.taittinger.com

    Une maison qui reste familiale et bien sûr incontournable, notamment avec cette exceptionnelle cuvée Comtes de Champagne Blanc de blancs 98, ...


    Coup de cœur pour : Champagne Vergnon



    Champagne VERGNON
    Mme Jean-Louis Vergnon
    1, Grande rue
    51190 Le Mesnil-sur-Oger
    Téléphone :03 26 57 53 86
    Télécopie : 03 26 52 07 06
    Email : contact@champagne-jl-vergnon.com

    Très belle place dans le Classement, et peut monter. Il y 5 générations, soit près de deux siècles, que la maison qui abrite les Champagne Vergnon est ...


    Lombard à la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés



    LOMBARD et Cie
    Thierry Lombard
    1, rue des Cotelles BP 118
    51200 Épernay
    Téléphone :03 26 59 57 40
    Télécopie : 03 26 54 16 38
    Email : info@champagne-lombard.com
    Ou : www.champagne-lombard.com

    Le sympathique Thierry Lombard élève plusieurs belles cuvées comme ce Champagne brut Premier Cru, majoritaire en Chardonnay, tout ...


    Gosset au sommet



    GOSSET
    Jean-Pierre Cointreau
    69, rue Jules-Blondeau - BP 7
    51160 Ay
    Téléphone :03 26 56 99 56
    Télécopie : 03 26 51 55 88
    Email : info@champagne-gosset.com
    Ou : www.champagne-gosset.com

    Splendide Champagne cuvée Célébris 95, un Champagne racé, distingué, tout en complexité d’arômes, dense en bouche, très élégante, ...


    Classé 1er Grand Vin, Piper-Heidsieck




    Présidente : Anne-Charlotte Amory
    12, allée du Vignoble
    51100 Reims
    Téléphone :03 26 84 43 00
    Télécopie : 03 26 84 43 49
    Email : piper@piper-heidsieck.com
    Ou : www.piper.heidsieck.com

    Au sommet. Même maison que Charles Heidsieck, avec un positionnement et des cuvées bien spécifiques. Le style “Piper” joue sur la ...


    Cuvée Jean-Baptiste Perseval-Farge : un Champagne parfait à table



    PERSEVAL-FARGE
    Benoist et Isabelle Perseval
    12, rue du Voisin
    51500 Chamery
    Téléphone :03 26 97 64 70
    Télécopie : 03 26 97 67 67
    Email : champagne.perseval-farge@orange.fr

    Une exploitation familiale de 4 ha où l’on pratique la lutte raisonnée et un vieillissement partiel en fûts de 6 à 12 mois pour les cépages noirs. Valeur ...


  • L'abberration des prix de certains "grands" Médoc

    À une époque où les financiers opportunistes sont remis à leur place -et c'est tant mieux- le "yo-yo" auquel se livrent un bon nombre de crus bordelais prête à la gêne, si ce n'est à la honte quand on rapproche certains prix de la réalité du monde. Le monde, c'est nous, ceux qui bossent pour (bien) gagner leur vie et c'est aussi les autres, ceux qui ont de quoi rager quand ils ouvrent un catalogue. Un exemple qui n'a rien à voir, comme disait Coluche : il faut 30 milliards d'euros annuels pour aider à se nourrir ceux qui meurent de faim dans le monde, et l'on ne cesse de nous montrer des chiffres ahurissants (750 milliards d'euros aux USA, 350 milliards ici, 500 milliards là...) qui sortent subitement des chapeaux pour calmer des marchés financiers et rassurer des traders. Écœurant, non ? Bon, je m'égare. Si je n'étais pas libéral -et sarkoziste- il y aurait de quoi virer à gauche. Puisque la bourse fait tant parler d'elle, revenons donc à celle de certains Bordeaux, dont les prix évoluent selon l'air du temps, la mode ou on ne sait quoi. Pour ces vins, dont la qualité intrinsèque n'est pas en cause (Lafite et Mouton sont toujours "1ers" dans mon Classement), ce que l'on constate, c'est que les prix de leurs millésimes 2006 et 2005 laissent quand même rêveur... Parfois, on est dans le même système : tant qu'il y des acheteurs, on part à la hausse, et les prix montent, puis remontent... On vient de voir, sur le marché des actions, que le bluff a sombré et que la fiction s'est durement heurtée à la réalité, et il ne faut pas être devin pour penser que cela peut se répercuter sur le marché des grands crus.

    Quelques exemples de prix (voir aussi mon article sur Ausone) : Château Mouton-Rothschild 2005 : de 903 € à 1.000 €. Et, encore plus cher (faudrait savoir, je croyais que le 2005 était meilleur que le 2006), celui du 2006 : 946 €, Pas mal, non plus : 151 € le Petit Mouton de Mouton... et 120 € pour le 2006... Le Château Lafite-Rothschild 2005 est un cran plus haut : de 1.370 € à 1.400 €, et le 2006 : 823 € ! Et, encore plus fort : 254 € Les Carruades 2005... Je rappelle que ce n'est "que" le second vin, tout remarquable qu'il puisse être. À rapprocher (même si je n'aime pas vraiment cela, tant les terroirs sont différents) des "seulement" 149 € de l'extraordinaire Montrose 2005 ou de très belles bouteilles comme celles des Grand Puy Lacoste (130 €) ou Haut-Batailley 2005 (88 €)... Il y a également le Château Cos d'Estournel 2005 : 345 € (et 2006 : 149 €, ce qui est déjà beaucoup, je vous l'accorde). À moitié prix (78 €), on a pourtant le superbe Calon-Ségur 2006 de Denise Gasqueton, et, pour rester à Saint-Estèphe, Montrose pour 95 € !!! Je vous laisse comparer par vous-même, mais, avouez qu'il y a de quoi s'étonner... Comprenons-nous bien : il faut, et il y a (de moins en moins, en fait) des vins mythiques. Il reste Petrus et La Romanée-Conti, dont les prix extravagants sont hors normes, tant on passe alors dans le pur domaine du luxe. Mais ce sont aussi des vins uniques, sans concurrence, dont les terroirs sont tout-à-faits exceptionnels (leurs territoires sont restreints), et où la politique des premiers, seconds ou troisièmes, ou celle de l'esbroufe et du "body-building", n'ont jamais été de mise. Les hommes y prennent également un rôle majeur. À Bordeaux, il y avait aussi le Yquem du marquis de Lur-Saluces., intimement lié à son propriétaire.

    On peut y ajouter Latour (qui parvient à se maintenir) et Haut-Brion. Il n'y en a plus à Saint-Émilion (peut-être encore Cheval Blanc ?), tant on s'est trop amusé à faire des micro-cuvées ou des vins surconcentrés. Pour le rêve, on arrive donc aux doigts d'une main. Ensuite, que le vin ait été "classé" (en 1855) 1er, 2e ou 5e n'a plus aucune importance, 150 ans après, tant les vignobles et les vins ont changé. Il y a des "5e" de 1855 comme Lynch-Bages qui sont à la tête de leur appellation, des "seconds" qui ne sont pas meilleurs que des "4e", d'autres qui sont meilleurs (Léoville-Barton) que des "1ers", des "Bourgeois" (Sociando-Mallet) qui écrasent des "3e", etc, etc. Chaque vin est donc remis en cause chaque année, et cela explique les notes et classements des uns et des autres, régulièrement mis à jour. C'est bien naturel. Un aparté : j'ai eu, hier, à Saint-Estèphe, une conversation passionnante avec un "seigneur" bordelais (voir "la nostalgie") comme je les aime (vous ne saurez pas son nom, ce n'est pas le genre de se mettre en avant), qui se désole de voir qu'un bon nombre de "grands" crus (trop) renommés se flattaient de faire leur grand vin avec 30% seulement de leur vignoble (le reste passant dans un second, voire un troisième vin) ou en faisant des rendements de 20 hl/ha.

    Je pense la même chose depuis toujours : un grand vin, justement, doit être grand sur l'ensemble de son territoire, et avec des rendements normaux, que l'on peut situer à 50 hl/ha pour les vrais grands vins typés médocains (surtout si l'on est planté à 10 000 pieds/ha). Ne faire son premier vin qu'avec le 1/3 de la récolte, c'est du pipeau. On aura compris que le prix n'est pas forcément un gage de "supériorité", et qu'il ne suffit pas de mettre 500 € sur une étiquette pour être une vedette, et encore moins un mythe. En fait, des stars, il n'y en a pas beaucoup, même si tout le monde s'approprie le mot. Vous l'aviez déjà remarqué : le rappeur du coin ou la comédienne d'un navet sont présentés comme Jacques Brel ou Marlon Brando : eh bien, c'est tout autant ridicule dans le vin. Raison de plus pour ne plus faire confiance à des hiérarchies plus ou moins officielles (celle de Saint-Émilion me fait régulièrement sourire) et pour ne pas se retrouver avec des seconds vins aussi chers...

    Et puis, il y a quand même beaucoup de crus bordelais entre 30 et 50 € qui sont superbes, racés et typés, et d'autres, entre 10 et 20 €, tout aussi passionnants. Je vous renvoie à mon Classement 2009.

    Allez, on se détend : ce soir, je me fais plaisir avec un Nuits-Saint-Georges Les Saints-Georges 2004 (sur une simple terrine "maison", devant un grand film, c'est parfait).

  • Le Guide 2009 dédicacé !

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